Colloque : Gouverner sans violence ?

Public du colloque « Gouverner sans violence ? » à la salle de la Ficelle à Lyon

Un colloque à Lyon en présence du Consul du Japon

Ce colloque, qui a réuni plus de 150 personnes le 12 décembre dans la salle de la Ficelle à Lyon, s’est tenu en présence de Monsieur Ogata Osamu, Consul du Japon à Lyon.

Colloque « Gouverner sans violence ? » à Lyon en présence de Maître Cognard et Christophe Dejours
Colloque « Gouverner sans violence ? » – Salle de la Ficelle, Lyon

Le refus de la violence comme principe politique

Maître Cognard et le Professeur Dejours, promoteurs d’un pacifisme dénué d’angélisme et de dolorisme et convaincus des vertus créatrices du conflit, ont examiné de concert en quoi le principe éthique du refus de la violence peut devenir un principe politique, au sens large du terme.

À la question posée de savoir s’il est possible de gouverner sans violence, ils ont répondu résolument par l’affirmative, loin du pessimisme sinon du cynisme des innombrables défenseurs de l’usage de la violence.

Tous deux, méfiants tant à l’égard des théoriciens politiques prétendant dire d’« en haut » ce que doit être la démocratie qu’à celui des candides persuadés que la démocratie est déjà réalisée grâce au régime parlementaire et au droit de vote, ont proposé une réflexion stimulante sur les conditions concrètes d’une vie civile réellement démocratique, soucieuse de la liberté et du respect de tous.

Christophe Dejours : la démocratie comme pratique du travail vivant

Christophe Dejours, qui soutient que la démocratie est avant tout une pratique, a montré combien « le travail vivant » – celui qui mobilise l’intelligence du corps et de l’esprit face aux situations imprévues et non celui qui, entièrement prescrit par les gestionnaires gouvernant par les nombres, mutile et réifie le travailleur – est, à ses yeux, le lieu principal de l’apprentissage de la démocratie.

En effet, il permet, pourvu que son organisation favorise « l’articulation des intelligences » grâce à l’institution d’espaces de rencontres et de délibérations, l’exercice et le développement d’« habiletés démocratiques », comme l’art de la parole, l’art de l’écoute, le goût de la « franchise », indispensables à la constitution d’un éthos démocratique.

C’est en facilitant « la coopération », qu’elle soit « horizontale », « verticale » ou « transverse », qu’il deviendra possible, par les bienfaits qui s’ensuivront pour la Cité, la Nature et la Culture, de donner à la démocratie sa pleine extension dans tous les champs de l’existence.

Maître Cognard : la voie du corps et la faille identitaire

Maître Cognard, fidèle à la Voie du corps, a souligné combien nous sommes, depuis notre naissance, « divisés entre deux pulsions », celle d’« être contenu » et celle d’« être libéré », et que, faute d’une équilibration de ces pulsions, nous sommes victimes d’une « faille identitaire », propice au règne des réflexes défensifs.

La peur fait de nous des « adeptes de la soumission », ce dont jouent tous les dominateurs dans l’ordre domestique, économique ou politique. Dès lors, il s’agit de combler la faille identitaire en permettant à l’individu de connaître et d’affirmer son propre esprit, de façon à ne plus céder aux réflexes de soumission et de sacrifice.

Le travail pourrait alors devenir ce par quoi l’homme satisfait ses « besoins primordiaux » de se représenter à soi-même et de participer à « la résilience du monde ». C’est seulement à la condition de l’abolition du salariat que l’on pourra parler de démocratie.

La démocratie n’a de sens que pour des hommes suffisamment libres pour former un corps unique et une conscience commune.

Public du colloque « Gouverner sans violence ? » à la salle de la Ficelle à Lyon
Plus de 150 participants réunis pour le colloque « Gouverner sans violence ? »

Vers une démocratie réelle et non violente

Nul doute à l’issue de ce colloque que chacun a pu mesurer quel écart sépare la « démocratie » actuelle de la démocratie réelle.

En tous cas, deux voies intimement liées, celle du corps et celle du travail, pourraient bien servir de passerelle entre la pseudo-démocratie et une vie authentiquement démocratique, c’est-à-dire non violente. Puissent-elles être davantage connues et empruntées !

Denis Guillec

Vidéo du colloque

Voici le lien permettant d’accéder à la captation vidéo de ce colloque, réalisée par Paul Corbet et Martin Fanano, que je remercie encore, de même que Baptiste Baron, co-organisateur de cet évènement, et Tamsin Genillier pour son aide précieuse :

👉 lien vers la video


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